Inviter les esprits

 

Petite explication de
« mon » chamanisme

Je vous en prie, avancez… Passez les pans du noren et asseyez-vous. Je vous raconterai les murmures que portent l’eau et le vent, depuis la naissance du premier océan.

Chamanisme : esprits des eaux (noren d'un restaurant de Kyôto).
Il est dit que les poissons sont les gardiens des lois chez les esprits, car leurs yeux ne se ferment jamais…

À l’origine, il y avait le Ciel, et son reflet dans les Profondeurs. Puis, jaillissant de celles-ci, vint la Terre, matérielle et définie, empreinte de diversités et jalonnée d’affrontements. Ainsi, la tradition sépare en trois les mondes chamaniques : celui d’En-haut, celui d’En-bas et celui du Milieu, dans lequel nous évoluons les yeux fermés. Chacun de ces mondes est habité par les esprits.

La plupart du temps, nous sommes dans un état de conscience ordinaire (ECO). Pour percevoir les esprits, il est nécessaire de basculer dans un état de conscience chamanique (ECC) : cela peut se faire par la méditation, le bruit d’un tambour, d’une guimbarde ou d’un hochet… Chaque être humain est apte à percevoir le monde spirituel, il s’agit d’une capacité naturelle que nous possédons tou-te-s. En revanche, de la même façon que n’importe qui peut tailler un bâton sans avoir l’agilité nécessaire à devenir ébéniste, tout le monde n’approfondira pas forcément cette voie-ci.

Les esprits sont de sortie! (Park Round Lights, par Yanadhyana)

Park Round Lights, par Yanadhyana (cliquer sur l’image pour voir sa galerie)

Qu’est-ce qu’on entend par « les esprits », très exactement ? S’agit-il réellement d’entités distinctes, voire autonomes ? De créatures qu’on ne peut percevoir que sur un mode subtil et qui sont « les âmes » d’un ou plusieurs élément(s), ou qui sont caractérisées par un animal ou une plante ? Les défunts qui hantent certains lieux et personnes, la trace laissée par une violence et qui s’incruste tout autant ?
Ou s’agit-il des images, des bruits, des sensations que notre cerveau plaque sur des impressions qu’il ne saurait pas traduire autrement ? De notre inconscient qui s’exprime enfin, libéré mais toujours distancié de notre conscience par une interface de symboles ?
À chacun sa réponse. À chacun de décider s’il lui en faut une – et de quelle façon l’obtenir. Une chose est certaine : les esprits sont partout, autour de nous et même en des endroits qu’on ne visite qu’en rêve. Et leur présence est naturelle.

Tout l’art du chaman se résume à un engagement : garantir et, s’il y a besoin, rétablir l’harmonie entre les humains et les esprits. Il est à la fois un ambassadeur, un négociateur et un guerrier, selon les circonstances et son système de valeurs. Je rajouterais aussi, un élève – car le savoir le plus juste vient d’eux.

Quel que soit le masque que l’on accroche au visage des esprits (costumes pratiques pour des manifestations de notre inconscient, réalités trop subtiles que l’on habille de sensations familières ou perspective animiste), nous vivons au milieu d’eux. Battre le tambour, c’est frapper à leur porte. Tout comme dans un pays étranger, il y a là des coutumes à connaître, des lois à respecter. Les approcher ne peut se faire dans la nonchalance, mais exige du respect. Toutefois, puisqu’ils sont là, pourquoi ne pas leur tendre la main ?

Chamane / guide chaman / shaman : pierres représentant des esprits, sorte de totems, au temple Kiyomizu de Kyôto.

 

Je pratique le chamanisme au tambour. Je ne dépends pas d’une tradition, mais m’inspire parfois de méthodes traditionnelles. « Les esprits enseignent », entend-on et lit-on ici et là. Je dois dire que plus j’avance dans mes expériences, mon travail et mes recherches, plus je suis sensible à cette façon de vivre le chamanisme.
Grâce aux pratiques à distance, je peux vous apporter mon soutien à travers toute la France et même au-delà.

J’ai eu le plaisir d’être interviewée par Célia, de Cartes et Conscience. Vous pouvez en apprendre un peu plus sur ma façon d’envisager et de pratiquer le chamanisme en regardant cette vidéo :

 

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